Samedi 22 novembre 2008
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Je n’avais pas eu le temps de connaître son vrai prénom. Je ne le lui avais pas demandé. Peut être serait-il l’un de ces
prénoms que je vois défiler dans ma mémoire : Lucyna, Ewelag, Zielona, Marta, Beataw, Magdak, Ulcia, Nanusia, Alexasa, Olga, Agniecha, Anetka, Olunia, … Que sais je encore ? Peut
être que le sien serait-il encore plus romantique que ceux que je cite ? Saurais je le prononcer avec l’accent qu’il faudrait pour être le plus juste ? Mais en cette journée nouvelle,
je sais une chose c’est que Lilith est en possession de tout ce que j’avais écrit pour elle. Elle l’avait gardé et je pense qu’elle prendra le temps de tout lire, espérant qu’elle relise et s’attarde sur les mots dont le sens lui échapperait quelque peu. Je me sentis à présent un peu soulagé, comme d’avoir accouché à terme :
naturellement et sans besoin d’être charcuté le ventre et l’utérus et quoi d'autre encore ? J’attends impatiemment ! Je lui consentirais le temps qu’il faut pour qu’elle le lise et
peut être qu’elle le relise et ; aussi sa liberté de venir elle-même me dire comment a-t-elle trouvé mes mots. Seraient-ils forts et puissants ou faibles et ringards ? Seraient-ils
proches de sa vie où aussi loin qu’est le ciel de la terre ? Trouvera t-elle des mots qu’elle aimerait lire et relire ? Trouverait-elle ceux qui l’auraient surprise, ceux qui auraient
fait battre son cœur ou ceux qui l’auraient fait rougir ? J’attendais son verdict comme si le reste de ce que j’allais écrire dépendrait inexorablement de sa note. Une note qui hausserait
les rimes de mes proses et leur donnerait le quatrain adéquat permutant rimes en tambour, fleurs,
mandoline et clairière…
Je ne suis pas parti la revoir. Je me suis fait tout petit même si je ne le voulais guère. J’ai résisté. Je voulais
qu’elle réfléchisse avec la sérénité que je lui connaissais. Elle rassemblera tous ses mots pour me dire ce qu’elle a dans le cœur lorsque je lui
dirais :
« Je ne voudrais ignorer aucune chose de votre vie qu’il vous sera possible de me conter. Je sais que je ne me lasserais
jamais, ni de votre jolie voix, ni de votre regard ni encore moins de votre sourire ; et même si rougir n’est pas signe de consentement, je m’en ferais une raison pour m’y convaincre du
contraire… »
Et je l’entends me dire :
« Mais cher Monsieur, vous me semblez aller loin dans votre crédit. Pensez vous que mon sourire nourrira
indéfiniment votre cœur ; que mon regard fera de vous un homme heureux et, que lorsque je rougis vous respireriez mieux ? »
Alors je ne m’efforcerais pas de lui répondre :
« Il est des choses chère Madame que nul ne commande si ce n’est les Dieux. Et que dire de l’amour ? Qui
lorsqu’ils l’allouent en entier ou en partie, ils refusent abruptement de le reprendre. Je ne saurais affronter ces Dieux qui t’offrent ce sourire
pour que je puisse l’aimer à mon tour »
Ce midi, je n’ai pas pu avaler grand-chose. Le
stresse s’est emparé de mon être, le violant brusquement et m’interdisant le contrôle de mes envies. Je laissais dans mon assiette toute ma part de patte et une fricadelle. Je bus assez
d’eau : je me sentis comme déshydraté. Trois jours après que mon cahier ait atterri sur les bras de Lilith, il serait temps – me semble t-il – de l’approcher pour en savoir un peu plus. Viendrait-elle me le dire de sa propre volonté ou serais-je encore une fois contraint de franchir ce mur
qu’elle voulait imposer entre nous ? Et toutes les peurs viennent se rajouter à mon stress au point de sentir mon cœur presque découragé et affaibli par cette attente. Si seulement celle ci
serait à mon avantage, mon souhait, mon désir…
Le rêve
Dans la nuit, tu nais
Sans lune ou éclairé
Le temps d’une lueur
Tu tisses et tu défais
Mais moi encore debout
Je rêve un peu de tout
Du vrai et l’erroné
Du possible et l'insensé…
Sen
W nocy, to chcesz
Bezksiężycowy lub informowane
Czas na ognik
Ci tkanin i gałęzi
Ale wciąż stałego
I sen trochę każdy
Prawdziwe i fałszywe
Możliwe i nieumiejętnych ...
Les gens peuvent rire de moi, je leur serais du moins redevable d’avoir lu tous ces mots. Ils peuvent parler de mon
amour pensant qu’il serait déjà mûr et consommable ; je leur ferais gré de ne pas aller loin dans la besogne. Ils diront que je ne suis qu’un troubadour que l’amour emmène aux milles détours
et je leur répondrais :
« Vous les cœurs qui ne savent aimer que ceux qui les aiment, sauriez-vous un jour le faire sans rien espérer en
retour ? S’il y’a un non à vos propos, allez discourir a votre ardeur : elle n’aime guère de tout son cœur ! »