Lundi 4 mai 2009
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15:11
Il est temps d’ôter l’opercule ou le laisser se faire de lui-même. Tant pis pour ce que nous verrons si toutefois nous avions rendu
accessible cette crête inexpugnable. Faisons en sorte de prémunir ce que nous avions de plus précieux : nos yeux, la prunelle ! Et si l’explosion est aussi puissante que nous l’avions
imaginé, alors, il y’aura sans doute des étincelles, des débris et peut être même de la lave. Est-ce pour autant que ce spectacle emplira fougueusement notre vue et emmènera notre tant attendue
allégresse ? Peut être ne sera ce qu’un piètre feu d’artifice qui nous laissera altérés et désappointés face à la source. Mais il est possible que ne nous nous survivions guère à un tel
désordre pour pouvoir relater les faits : le volcan emmène son séisme hors de mesure sur toutes les échelles.
Faisons un vœux, pieux, honoré par notre volonté de vérité pour que nous soyons surpuissants face à cette vérité puissante et
implacable. Mais qui osera l’ouvrir ce couvercle qui fermera à son tour cette fenêtre curieuse qui ne cesse de s’entrouvrir timidement pour s’être inexorable ? Qui ira jusqu’au
bout ? L’oiseau libre gardien du ciel, des étoiles, du savoir et des nombres ou le papillon qui déjà oublie qu’il était chenille et pour se plaire écrit à longueur de vols des mots colorés
sur l’une de ses ailes jusqu'à l’assombrir.
Ah ! Si l’on pouvait se parler comme tout le monde ! Il n y aurait sans doute nul couvercle ni étincelles ni laves, et
… pas de mystère non plus !
Par liepsig
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Jeudi 23 avril 2009
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11:30
C’est un peu grâce ou à cause de ce rire sardonique que je me suis réveillé en sursaut au milieu de la nuit. En vérité, ce rire
n’était pas qu’un rire : il était parsemé de rituel, de plaintes et de moralités. – N’essayez point de me réaliser, disait la voix entre ses
états de rire, je ne serais nullement flattée ; lisez moi et expiez de votre âme ce qui vous brime. Là est l’essentiel ! Rien d’autre ne l’est autant que ce qui vibre au fond de
vous-même. Voila comment j’ai dit : enfin !
Une idée
Oh que non ! Pas l’air d’une sorcière
De celles qui s’envolent
Aux bras d’un manche à balai
Non plus une brave fée
Me gavant de tout le bien
Parfois même sans touché
Non plus une jolie fille
Enfermée dans une taille
Au forme d’une guitare
Ce qu’elle a de commun
A ces trois rêveries
C’est qu’elle va et disparaît
Parfois dans mes nuits
Elle ose venir dans mon lit
Je l’oublie au réveil comme dans un rêve
Sans pouvoir la saisir
Ni longtemps l’admirer
Si je n’ose me l’écrire
Au fond de moi-même
Elle résonne comme d’un puit
A temps que je la délivre
Elle m’excite et me tire
Au point d’en être amoureux
Sans l’avoir aperçu
Juste qu’elle voudrait
Sa totale liberté
Même dans un pauvre sceau
Ah ! Cette idée, même donzelle elle l’est
Naît-elle pas dans l’ombre
Pour vivre encore dans l’encre ?
Enfin ! Enfin ...
Par liepsig
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Mardi 21 avril 2009
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10:15
J’ai marché quelques temps avant que mes souvenirs me rappellent qu’au bout de ce buisson touffu, il y’eut autrefois un puit
accessible. Mes jambes, d’un seul élan, se déploient en se délaient et tout mon corps s’avance comme un courageux guerrier face à un ennemi docile qui recule. Au bord du puit, je m’assis et je
lance le sceau. Dès que le bruit annonça le fond, je pris soin d’emplir mon sceau en le soulevant et l’immergeant deux fois de suite puis la poulie vint à mon secours à le soulever. Lorsque
le sceau fut enfin tiré et posé sur le sol, j’emplis mes deux mains pour boire, mais voila qu’une voix de femme m’objecta : – Sauriez-vous boire de cette eau si glaciale ?
– Ne soyez pas si apprêtée lui rétorquais je; je n’aime guère le risible ! Vous auriez bu l’eau de stalagmites : cette
eau ci serait si chaude dans votre gosier – Ne vous laissez pas dire hâtivement que je suis donzelle. Ecoutez moins souvent votre cœur car me semble t-il s’est glacé au font de ces abîmes
auxquels vous l’avez contraint. Ouvrez à présent votre raison ; et, regardez moi au fond des yeux, vous trouverez ce que les yeux d’une donzelle
ne peuvent y contenir…
A l’instant ou je bus, la poulie lâcha prise et le sceau retourna dans le fond du puit avec un écho foudroyant. La jeune femme aux
cheveux roux s’éloigna en dandinant fièrement : elle sait l’effet qu’elle suscite et avec sa chevelure de feu jouant avec le vent tels d’immenses flemmes de l’âtre d’une cheminée ; et
cette silhouette droite qui n’épargne nulle froide libido même celle sortant du fond d’une grotte.
Par liepsig
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Lundi 20 avril 2009
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11:10
Comment relater mon retour depuis les cavernes sombres et froides ? Est-ce quelqu’un croirait ce récit juste sorti d’un
brouillard épais et insurmontable ! Même mes mots se sont abrités longtemps avant de libérer ma simple fantaisie. Oui ! Elle était sombre et glacée cette caverne dans laquelle je
m’étais dérobé à l’abri des regards et de la lumière. Je voulais cette solitude depuis que mes mots sont devenus fades et insensés, que mes yeux à force de lumière se sont ramollis et se sont
presque éteints comme de lointaines étoiles qui se meurent. Et que dire de mon corps qui abolit la marche malgré que je le traîne là ou il sache que ses jambes seraient encore plus fragiles.
Ah ! Cette voix qui me sonna le cœur. Elle m’arriva au fond de cette boule de glace qui faisait ma protection. Elle l’ôta violement presque d’un seul trait. Elle me réveilla en sursaut comme
une piqûre d’abeille ou une légère morsure de serpent. Elle me précéda avec une torche à la main et m’emmena dans un labyrinthe insondable. De temps à autre, elle se retournait pour s’assurer que
j’étais bel et bien en état de marche. Et j’escaladais difficilement jusqu’au cimes pensais je discrètement sans le croire vraiment. Lorsque la lumière du jour éblouit ma vue, je les ouvris après
les avoir longuement fermé. La voix a disparu. Seul la torche gisait encore sur un tas de fleurs arraché en précipitation et jeté pèle mêle à proximité. Ou est passé cette donzelle ? Qui
est-elle ? Et que me voulait elle ? Devrais je la suivre et quitter définitivement ma solitude ou retourner dans ces bas fond de stalactites et stalagmites ? Je n’ai pas eu le
temps d’une exigeante réponse puisque le soleil brûlait déjà ma tête et m’ordonna de marcher pour assécher ma soif.
Par liepsig
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Jeudi 12 février 2009
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15:40
Si tu revenais !
....Pourquoi ne pas reprendre cette façon à nous de se dire des mots, juste des mots un peu comme on écrit ces lettres bleus. Si tu revenais, je t’écrirais un peu mieux, beaucoup mieux que je
l’aie fait. Si tu revenais, je cesserais de parler mais je t’écouterais. Si tu revenais, je ferais tout pour que tu restes un peu. Si tu revenais, j’écrirais le reste de mon poème qui m’ait resté
sous les bras. Si tu revenais je saurais être patient… Si tu revenais …Si tu revenais…
Par liepsig
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